Contre les attaques d'artistes et des médias en Tunisie par les groupuscules intégristesles islamistes signer maintenant

Paris, le vendredi 7 septembre 2012
Citoyen-ne-s du Monde,
Ami-e-s de la la Tunisie libre
La Tunisie connaît en ce moment un horrible retour de l’ordre moral. Elle voit même s’établir une sorte d'inquisition avec non seulement l’intimidation, la terreur et la menace de groupuscules intégristes, mais aussi avec la complicité ouverte de la part de l’imam de la Zitouna. Ainsi, l’une des mosquées les
plus prestigieuses du monde musulman a appelé au meurtre d'artistes "blasphématoires" lors d'un prêche du vendredi. Autre complicité, silencieuse celle-ci, du gouvernement et des députés de la majorité islamiste de l'Assemblée Nationale Constituante.
Partout on accuse des artistes, des blogueurs et des diffuseurs d’atteinte au « Sacré ». Des spectacles sont suspendus, des festivals annulés. Menaces sur les réseaux sociaux, coups de fil injurieux…Tout est prétexte à des procès lancés non seulement par des associations à la solde du nouveau régime mais aussi par des procureurs de la République. Or, comme le dit justement Régis Debray, « Aucun croyant ne peut, de son côté, s’estimer « bafoué » ou « offensé » par un livre ou un film qu’il n’est pas contraint de lire ou de voir. Ce serait donner un privilège indu à tel ou tel groupe de conviction que d’interdire telle ou telle manifestation, image ou texte pour la seule raison qu’il les jugerait blessants ou blasphématoires. Le conflit des convictions est inhérent au pluralisme et au tohu-bohu d’une vie démocratique, à charge pour les représentants de la loi que l’inévitable ne tourne pas à l’inacceptable, ni la zizanie à la rixe. » A ce propos précisément, le ministère de l’Intérieur semble clément avec les agresseurs des artistes « provocateurs » et des journalistes, qualifiés de « novembristes » et d'intellectuels « ennemis de l'islam. »
Une plasticienne et universitaire, auteur d'une installation représentant une scène de lapidation de femmes en voile, est poursuivie pour atteinte à l'ordre public. Les "salafistes" qui, eux, ont réellement troublé l'ordre public et mis le pays à feu et à sang, et l'huissier de justice qui a mis le feu aux poudres, ne sont nullement inquiétés. Les autorités de ladite "Troïka" au pouvoir ne font que donner un alibi aux fous de Dieu, et isolent encore plus les artistes qui osent encore, s’il en est, la transcendance du divin.
Les dossiers de corruption s'ouvrent de manière selective, surtout s'il s'agit du patron d'une chaîne de télévision qui produit des émissions tournant en dérision les nouveaux maîtres du pays - en particulier les dirigeants du mouvement intégriste.
Deux jeunes internautes ont été jugés pour avoir diffusé une caricature du prophète de l'islam. L'un d'entre eux est réfugié en Roumanie, l'autre est en prison pour sept ans et demi.
Un ex-conseiller du président porvisoire se retrouve poursuivi par la justice militaire et interdit de quitter le territoire pour avoir émis une analyse acerbe de l'exercice du ministre de la Défence et du chef de l'état-major des armées.
Un doyen d'université élu est poursuivi en justice par les étudiantes niqabées qui l'ont agressé dans son bureau. Alors qu'il ne faisait qu'appliquer le règlement intérieur de son établissement, fixé par le conseil scientifique au sein duquel siègent les représentants des étudiants. Ce conseil scientifique oblige l'accès aux salles de cours ou d'examen le visage découvert.
Les médias publics subissent des pressions pour redevenir médias gouvernementaux. C'est aussi le cas des médias confisqués aux proches du président déchu : les nominations fusent pour mettre les uns et les autres à genoux La chape de plomb est de retour. Les journaux de caniveau sont de retour. Le Syndicat National des Journalistes est discrédité et l'on cherche à le briser. Les moyens sont d'une telle bassesse que l'on stigmatise sa présidente pour sa couleur ou son célibat!
L'autocensure a retrouvé ses lettres de "noblesse". La censure aussi, et c'est le ministre des télécommunications lui-même qui l'annonce à propos de la "gouvernance" d'internet.
La solidarité s’exprime encore timidement et la peur est bel et bien présente. L'opinion publique internationale est alertée. L'est-elle suffisamment ? Les ONG de défense des droits humains doivent mettre la pression pour que les gouvernements, partenaires économiques et politiques de la Tunisie, soient complices avec ses esprits et ses plumes : artistes, universitaires, journalistes, inconnus.
Toucher au "Sacré" serait incriminé dans la future constitution tunisienne. La mainmise d'un parti-Etat, en l'occurence la Nahdha, est plus que jamais redoutable. Le lapsus du chef du gouvernement sur « la dictateur naissante » s'avère hélas plus que révélateur. Le rêve tunisien du 14 janvier 2011 - date de la fuite du despote - est en passe de devenir synonyme de l’établissement d’un « Persépolis » aux portes de l’Europe

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"Jean-Philippe Accart" <Jean-Philippe.Accart@unige.ch>, "Bienvenu Akodigna" <b_akodigna@yahoo.fr>, "Bertrand Anne-Marie" <anne-marie.bertrand@enssib.fr>, "Emilie Barthet" <emilie.barthet@parisdescartes.fr>, "Mouna Benslimane" <moubens@yahoo.com>, "radia b

Partisans officiels de la pétition:
Observatoire des Libertés et des Politiques Culturelles

Tags

artistes, attaques, intégristesles, islamistes, média, tunisie

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