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L’industrie de la mode québécoise et ses enjeux

 

En se promenant dans les rues de Montréal ou ailleurs au Québec, nous le voyons tous : le talent et la créativité ne manquent pas chez nos créateurs et artisans de la mode! Et pour cause, ils sont sans cesse animés par la fierté de voir leurs créations se porter, par la reconnaissance de leurs clients et clientes, fidèles, qui à leur tour les rendent confiants et passionnés dans ce qu’ils font, et surtout, par le fait de pouvoir contribuer à l’économie du Québec et à l’environnement. Bien que ces derniers profitent d’un métier riche en variétés, il n’en demeure pas moins que la mode d’ici présente des failles en ce qui concerne les ressources, l’éducation et la visibilité. Les créateurs et l’industrie du textile du Québec ont besoin d’aides gouvernementales, de publicité, de relève et surtout de valorisation.  Ce soir, vous êtes présents pour faire entendre le message d’une génération de créateurs québécois, d’entrepreneurs et de manufacturiers passionnés et fiers de contribuer à l’émergence de cette économie locale.  Nous n’avons pas la prétention de vous présenter un sujet que vous ne connaissez pas, toutefois, nous croyons qu’une voix de plus, est une voix vers le changement. 

 

Les acteurs de la mode d’ici

 

Entre l’idée menant à la création d’une collection par un créateur et l’achat d’un vêtement ou accessoire par un client, il y a tout un monde et tout un chemin à parcourir. Près de 150 différents corps de métiers sont nécessaires à la vitalité de l’industrie de la mode québécoise. Tous ont besoin d’appuis, de publicités, de relève et de reconnaissance pour survivre. Il est donc primordial de créer des ponts entre créateurs, manufacturiers et détaillants afin de mettre de l’avant ces gens de l’ombre et afin de faire prendre conscience que tous les corps de métiers sont primordiaux dans ce domaine. La relève manque malheureusement, car la main-d'œuvre est âgée.   Plusieurs entreprises réalisent qu'une main-d'oeuvre qualifiée est nécessaire afin de produire des produits de qualité qu'elles ne peuvent obtenir dans certains pays. Les perspectives d’emploi semblent meilleures que les années précédentes et de ce fait, il est temps que les écoles et le gouvernement fassent des campagnes de recrutement.

 

Anne Charland explique dans « À quatre épingles », « qu’avant 1998, cent mille personnes travaillaient dans l’industrie du textile au Québec. Aujourd’hui, ils ne sont plus que vingt-huit mille. Nous pouvons donc en conclure qu’il y a eu un abandon de la production de masse. »  Daniel Blanchette Pelletier de « La Passerelle » explique qu’en 2005, l’abolition des quotas à l’international a failli tuer l’industrie. Les entreprises n’avaient plus l’obligation d’acheter 50 % de leurs textiles en Amérique du Nord. La majorité d’entre eux se sont donc tournés vers l’Asie où les textiles sont moins chers. Ainsi, il y a eu d’énormes pertes d’emplois. Selon l’étude « Le vêtement et le textile au Québec » produite par Finances Québec, « les fabricants québécois de vêtements devraient continuer à perdre des parts de marché au Québec en raison de la hausse anticipée des importations. »  Un fait alarmant! Pourtant, avec un coup de pouce, l’industrie pourrait renaître, car le Québec réussit tout de même « à tirer son épingle du jeu. »  Jamais le Québec n’a vu autant de créateurs se produire. La mode est vivante, elle est partout. Comme l’explique la chargée de projet au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’Industrie textile du Québec, Danielle Jutras « les entreprises d’ici misent sur la qualité, la polyvalence de leurs employés, et l’innovation : des points impossibles à trouver dans des pays en voie de développement. »

 

Quel est le plus grand défi alors que doit relever l’industrie pour conserver son caractère local? Il s’agit en fait d’augmenter les ressources en production (main-d'œuvre qualifiée) et d’éduquer la population à l’importance d’acheter local. Depuis quelques années, nous ressentons une mutation rapide des comportements des consommateurs. De ce fait, l’explosion des grandes chaines a contribué à une nouvelle forme de consommation afin d’amener les clients à profiter de prix toujours plus bas, et ce, peu importe la qualité. Selon Elizabeth Cline, le « Fast-fashion » en serait la première cause. Elle explique que « tout se passe très vite, le cycle de production aussi bien que le cycle de consommation. On livre de nouveaux articles tous les jours, ainsi, les clients reviennent constamment au magasin pour voir les nouveautés. » Il n’est plus rare de voir des clientes s’acheter une robe qu’elles ne porteront que le temps d’une soirée. Les gens ont donc perdu la signification d’un prix juste à l’encontre d’un produit jetable. Cette surconsommation à qui profite-t-elle? Aux grandes entreprises qui voient leurs ventes augmenter en flèche en dépit de toute la mauvaise presse que l’on voit, que l’on lit et que l’on comprend. Les prix baissent sans cesse et ce fait devient alarmant.

     

 

« Le prix des vêtements est demeuré relativement stable entre 1992 et 2002 et diminue depuis 2003, alors que le prix des autres biens et services de consommation a augmenté en moyenne de 1,9 % depuis 1995. Les consommateurs profitent de cette baisse du prix relatif des vêtements. Ainsi, elle crée un effet de revenu qui augmente leur pouvoir d’achat et leur permet de dépenser sur d’autres biens et services les économies réalisées sur leurs achats de vêtements, ou encore, d’acheter davantage de vêtements qu’ils n’auraient pu le faire autrement. Ils en retirent un gain de bien-être important. »

Finances Québec

 

 

Selon un sondage mené par Sensation Mode, seulement 3 % des Québécois achèteraient des vêtements et accessoires de créateurs québécois. N’y a-t-il pas des questions à se poser? Comment pouvons-nous y remédier sans revivre un effondrement d’atelier comme au Bangladesh? Premièrement, l’éducation. Acheter moins, consommer mieux et contribuer de manière directe à NOTRE économie.

 

Deuxièmement, réussir à augmenter de variété dans le domaine du textile. En effet, saison après saison, le plus grand défi d’un créateur est simplement de réussir à acheter son tissu, qu’il espère, sera différent des autres vus le peu d’offres à Montréal. S’ajoute à cela la pression de réussir à obtenir des quantités suffisantes afin de répondre aux commandes de leurs clients. 

 

Troisièmement, mettre de l’avant le rôle des détaillants, point d’ancrage de toute cette industrie de la mode québécoise. Le détaillant se spécialisant dans la diffusion de la mode locale, crée le pont entre les manufacturiers, les créateurs de mode et les clients. Il finance pratiquement à lui seul l’industrie. Son engagement à mettre de l’avant des produits locaux est tout aussi impliquant pour lui financièrement qu’un designer qui part une production. Les ressources à sa croissance sont pratiquement nulles, car souvent ces entreprises sont considérées, par les institutions financières, comme à but non lucratif, les marges de profits y étant trop petites. De plus, le détaillant, ayant un contact quotidien avec le client, doit éduquer ce dernier et faire face aux quotidiens, aux préjugés énormes quant au prix et à l’élitisme reliés aux produits locaux. Le rôle de la démocratisation y est donc primordial.

 

Créateurs, main-d'oeuvre qualifiée, industrie du textile et détaillants sont tous interreliés. C’est notre rôle de mettre en lumière les différentes facettes de l’industrie, de les réunir et de les rendre plus accessibles aux yeux de tous.

 

Quelles sont les solutions ?

 

Pour remédier à ces lacunes, il faut interpeller et éduquer la population et les médias. Pour que cela se rende au public, dans un premier temps, nous demandons au gouvernement de financer l’industrie de la mode québécoise afin de faire valoir le milieu et surtout, afin de mettre de l’avant ces professions souvent mal connues. Nous demandons au gouvernement de financer la main-d’œuvre, d’offrir des bourses et des subventions aux détaillants et à l’industrie du textile du Québec et de mettre en place des campagnes de sensibilisation sur l’importance d’acheter local pour améliorer la qualité de notre économie. 

Un seul mot accroche les gens et les fait rêver et c’est « Tendance ». Si le contenu de la presse écrite et des magazines faisaient obligatoirement relier l’éthique (main-d’œuvre bien payée, vêtements et accessoires faits entièrement ici, fibres écologiques, etc.) à la tendance peut-être que le chemin vers l’éducation passerait de « la voie de desserte » à « l’autoroute ». Et si la responsabilité des médias prenait son sens pour contribuer à l’économie du Québec?

 

Bien que depuis quelques années, plusieurs organismes aient vu le jour afin de soutenir l’industrie de la mode québécoise (Montréal Couture, Vestechpro, Bureau de la mode de Montréal, Le conseil des créateurs de mode du Québec, etc.), nous demandons, dans un second temps, la formation d’une organisation (association?) qui tout comme le CRTC pour la radio, règlementerait et surveillerait le contenu des journaux et magazines. Le contenu de la presse écrite doit refléter la créativité et le talent des entreprises d’ici.

 

Nous demandons aussi à ce que 40 % du contenu éditorial des magazines publiés au Québec et pour la population québécoise soit consacré aux entreprises et à la valorisation des produits d’ici. La volonté du gouvernement doit être claire afin de conscientiser les médias aux rôles qu’ils jouent dans la promotion de la mode québécoise auprès de leur électorat. Tout ce fait au Québec ou presque! Le travail de rigueur journalistes dans la recherche doit être élevé. Aucune petite entreprise n’a les moyens d’avoir des spécialistes des relations publiques pour faire parler de leurs produits. Est-ce une raison pour faire passer leurs produits sous silence? Où commence la responsabilité de l’État et des médias et où s’arrête-t-elle?

 

Le contenu des magazines doit être le résultat d’une recherche et non pas de simplement répondre à une logique commerciale et économique. Selon le Conseil de Presse du Québec,  « le rôle de la presse dans notre société relève d’une fonction sociale et comporte un caractère de service public envers les citoyens. »  Plus nous irons dans ce sens, plus notre industrie sera florissante. Sans l’appui des médias et leur passion pour les produits locaux, nous sommes condamnés à mourir tranquillement. Plus que quiconque, les médias, les magazines mode et les blogueuses ont le pouvoir de faire renaitre cette industrie si fleurissante. En 2013, n’est-il pas temps de se poser des questions? 

 

Mot de la fin

Malgré toutes ces embuches, jamais la mode québécoise n’a été aussi prospère. Envers et contre tous, elle vit et elle rayonne. Main dans la main, c’est notre responsabilité de porter à la lumière les différentes facettes de cette industrie, d’éduquer la clientèle et de donner une voie à ceux qui n’en ont pas. Chaque entreprise qui fait le choix d’encourager l’industrie locale, le fait par conviction. Cette conviction doit se rendre au public. Nous devons, ensemble, mettre de l’avant le fait qu’acheter des produits d’ici ne rime pas forcément avec « gros budget » et que ce n’est pas un milieu élitisme. Nous refusons de le croire. C’est une simple question de reconnaissance envers des produits durables, de qualité, des produits qui auront un impact sur ce que sera le Québec de demain.

 

« Si la tendance se maintient, elle pourrait dans quelques années retrouver tout son lustre et son panache, car plusieurs de ses principaux intervenants proposent aujourd'hui un discours renouvelé et visionnaire, une démarche plus solidaire et de multiples pistes de solution qui démontrent bien qu'on a enfin appris des leçons et des erreurs du passé. » 

Jean-Claude Poitras

 

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