Manifeste pour l'unitй francophone sign now

MANIFESTE POUR L'UNITE FRANCOPHONE


1. La Belgique : un Etat fondй sur un fйdйralisme dont la structure hybride
assure l'йquilibre.

Aprиs 35 annйes de dйbats communautaires et linguistiques souvent difficiles, de nйgociations вpres et de compromis laborieux, la Belgique fйdйrale est nйe, axйe sur trois communautйs culturelles, trois rйgions йconomiques et quatre rйgions linguistiques. Les frontiиres de ces derniиres sont largement artificielles et parfois en contradiction avec les rйalitйs sociologiques. C'est ainsi que les majoritйs francophones dans plusieurs communes n'ont pas empкchй l'inclusion de ces entitйs dans la rйgion de langue nйerlandaise. Cette situation de droit public contraire а la rйalitй et а la volontй des habitants est contrebalancйe par des droits particuliers en matiиre d'emploi des langues (facilitйs) et par des droits politiques rйsultant soit de droits de vote dans la rйgion contiguл, soit de l'appartenance а un arrondissement йlectoral, restй bilingue.

On peut affirmer que la mise en cause de ces droits culturels et politiques met en pйril tout l'йquilibre de l'йdifice pйniblement construit.

La scission de l'arrondissement йlectoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, exigйe par le Parlement flamand, signifie donc la fin du compromis fйdйral belge. Elle est а ce titre non nйgociable si la frontiиre linguistique est maintenue dans son йtat actuel.

Mais ce n'est pas, et de loin, le seul domaine oщ la Flandre pose des conditions politiques pour accepter la continuation de l'Etat belge.

Pour l'avenir de la Belgique, le programme du Vlaamse Raad revendique la scission d'un trиs grand nombre de secteurs encore nationaux parmi lesquels de nombreux aspects de la sйcuritй sociale et de la fiscalitй. Il relaie ainsi les exigences а long terme du mouvement flamand.

Tel quel, ce programme pose а la partie francophone du pays de graves problиmes politiques, йconomiques et sociaux.

Ne pas prendre au sйrieux ce plan d'action flamand serait aussi condescendant vis-а-vis des Flamands que dangereux vis-а-vis des Wallons et des Bruxellois.

La revendication de la scission de l'arrondissement йlectoral et judiciaire de BHV se situe, en fait, sur une trajectoire qui dйpasse son objet propre. Elle vise а faire place nette, gйopolitiquement parlant, pour imposer la suite du programme flamand : aboutir а un confйdйralisme inйgalitaire qui ne conserve la Belgique que pour garder un contrфle flamand sur Bruxelles et sur un Etat-croupion bilingue.

Outre les atteintes portйes aux droits des francophones de la pйriphйrie, la scission de BHV, conjuguйe avec l'extinction des facilitйs linguistiques, prйfigure des frontiиres d'Etat, dans l'hypothиse oщ la Belgique serait scindйe.

Des manifestes flamands comme ceux du groupe de la Warande indiquent d'une certaine maniиre les motivations et les ambitions modernes du mouvement flamand. Mais d'autres responsables influents, comme Yves LETERME, Ministre-Prйsident de la rйgion flamande, soufflent tour а tour, en fonction des interlocuteurs et du public visй, le chaud et le froid, affichant tantфt un visage impйrialiste, mйprisant et conquйrant, tantфt un aspect paterne, conciliant voire enjфleur. C'est dire que le dйcodage de la stratйgie flamande doit йviter la caricature et privilйgier, dans toute la mesure du possible, une analyse fine.

D'autant que l'йnoncй de la position flamande revкt souvent les habits de la prйsentation scientifique, bourrйe de chiffres, de tableaux et de schйmas qui donnent l'illusion de l'objectivitй et du sйrieux. Un certain nombre de francophones, politiques, commentateurs ou chercheurs ont d'ailleurs sautй а pieds joints dans le piиge faisant du dйnigrement de la Wallonie et de Bruxelles leur miel prйfйrй.


2. Le projet flamand.


Parler d'un projet flamand quant а l'avenir de la Belgique, surtout d'un projet unique qui recueillerait les suffrages de l'ensemble des dйcideurs flamands est hasardeux, voire pйrilleux.

Nйanmoins, quand on confronte les points de vue divers qui s'expriment au Nord du pays on parvient а esquisser le programme minimum qui sous-tend l'action des hommes politiques et des hommes d'affaires qui militent en faveur d'une autonomie renforcйe de la Flandre, censйe lui permettre en s'йmancipant davantage de majorer son rфle, d'amйliorer sa prйtendue prospйritй йconomique et, en quelque sorte, de voler de ses propres ailes.

Le diagnostic posй, а quelques bienheureuses exceptions prиs, est simple, voire simpliste :

c'est la Flandre qui tire la Belgique vers le haut, qui assure sa prospйritй, grвce au travail et au dynamisme de ses habitants.
chaque annйe, la Flandre fait cadeau aux deux autres rйgions de plusieurs milliards d'euros.
la Wallonie et Bruxelles sont des rйgions sous-dйveloppйes, que la Flandre tient а bout de bras.
les Wallons et les Bruxellois sont paresseux, n'ont pas l'esprit d'entreprise, votent mal et ont une mentalitй d'assistйs.
La Flandre est une rйgion prospиre, parce que socialement, politiquement, culturellement et linguistiquement homogиne et elle entend donc le rester.

A partir de ce constat, la solution paraоt couler de source : la Flandre doit devenir le plus vite possible une rйpublique indйpendante et larguer ses voisins encombrants et coыteux que sont la Wallonie et Bruxelles. Tel est le discours des plus extrйmistes souvent soutenus par les tenants du mondialisme et de la pensйe unique pour qui la Wallonie et Bruxelles constituent un obstacle а leurs fantasmes idйologiques. A ce niveau le rйgionalisme pur et dur, fondй sur le modиle fascisant du eigen volk eerst (avatar de la prйfйrence nationale de Le Pen) se marie contre nature avec le fanatisme йconomique mondialisй.

Bien des chefs d'entreprise, l'oeil rivй sur les cours de bourse serrent donc, en Flandre, la main des Dewinter et des Annemans. Cela nous rappelle que la rйsistible ascension de Hitler fut soutenue par les capitaines de l'industrie allemande.

Mais tout n'est pas aussi simple. Car l'affaire n'est pas dans le sac. Les dirigeants flamands, frottйs aux rйalitйs politiques, savent bien que l'Etat fйdйral belge procure а la Flandre de nombreux avantages financiers, budgйtaires, йconomiques ou en termes d'emploi, que le sйparatisme pur et simple lui ferait perdre. Sans parler de la visibilitй de la Flandre sur le plan international, notamment en matiиre commerciale, qui dйpend pour la plus grande part de Bruxelles, capitale europйenne dont la langue vйhiculaire majeure possиde un prestige de portйe mondiale.

S'est donc peu а peu rйpandue en Flandre l'idйe de marier subtilement les avantages de l'indйpendance (c'est-а-dire le refus de toute solidaritй budgйtaire ou financiиre avec les deux autres rйgions) et les avantages que la Flandre, majoritaire dans l'Etat belge, tire de ce dernier, particuliиrement en termes d'emploi, de prestige international, de visibilitй commerciale, de flux йconomiques et d'investissements.

D'oщ l'idйe de remplacer l'Etat fйdйral par une confйdйration aux contours trиs lвches, laissant а la Flandre la maоtrise de son dynamisme йconomique et des ressources qu'elle en tire et lui conservant la haute main sur l'Etat central (ou ce qu'il en resterait) et Bruxelles, capitale dont le bilinguisme imposй est rentable en termes d'emploi et qui constitue, avec son statut de capitale europйenne une vitrine irremplaзable pour les entreprises flamandes.

Il s'agit donc de larguer la coыteuse Wallonie , d'arrimer solidement Bruxelles et de conserver tous les avantages artificiels que confиre а la Flandre l'existence d'un semblant d'Etat bilingue qu'elle pourrait continuer а exploiter.

A l'analyse, on se rend bien vite compte que le projet d'Etat confйdйral est infiniment plus pervers et plus dangereux pour les Wallons et les Bruxellois que le projet sйparatiste car il cumule pour eux tous les inconvйnients : la perte de toute solidaritй Nord-Sud conjuguйe avec le maintien de leur sujйtion а l'йgard de la Flandre qui pourrait continuer а profiter а leur dйtriment de l'essentiel des ressources de la Belgique en tant qu'Etat.


3. Le projet flamand а la lumiиre de son cheminement.

Le projet flamand d'Etat confйdйral est enracinй dans une йvolution programmйe et entend tenir pour dйfinitivement acquis ce qui a йtй engrangй depuis 1970 tout en jetant aux orties les contreparties acceptйes.

La premiиre donnйe intangible dont entend se prйvaloir le mouvement flamand concerne la frontiиre linguistique nйe de la suppression du recensement et la prйvalence de la notion d' homogйnйitй culturelle assurant а la Flandre la maоtrise culturelle sur un sol artificiellement dйlimitй mais refusant cette mкme homogйnйitй culturelle а Bruxelles (oщ vivent 90 \% de francophones) sous prйtexte d'instituer une capitale bilingue oщ l'usage du flamand serait mis sur un pied d'йgalitй avec celui du franзais. Le concept mкme d'homogйnйitй culturelle qui justifie tous les abus (expulsion de l'Universitй catholique de Louvain, imposition du flamand dans toute la vie sociale y compris pour l'accиs au logement circulaire Peeters, etc...) procиde donc, а la base, d'une extraordinaire manipulation intellectuelle imposйe а l'йpoque aux francophones par une majoritй flamande assistйe de Wallons et de Bruxellois naпfs ou complices.

On n'oubliera toutefois pas aujourd'hui que le prйtexte de tout cela йtait la crйation d'un Etat fйdйral solidaire, ayant pour capitale Bruxelles, que les communes de la pйriphйrie se sont vu octroyer des facilitйs protйgйes par un mйcanisme constitutionnel (majoritй qualifiйe) et que la rйglementation de l'emploi des langues y a йtй expressйment soustraite а la rйgion de langue nйerlandaise incorporйe dans la communautй flamande. A ce titre, les communes a fйcilitйs ne font pas partie de la communautй flamande. Il ne faudra pas l'oublier, le moment venu.

Et il conviendra de se souvenir que le principe de l'homogйnйitй linguistique liйe au sol devrait normalement conduire les Flamands de Bruxelles а кtre administrйs en franзais. Ces Flamands devraient, selon la formule d'Yves LETERME, s'adapter а leur situation gйographique en s'exprimant dans la langue majoritaire de leur rйgion.

Il y a plus. Dans la mesure oщ des populations majoritairement francophones (parfois а plus de 70 \% selon les rйsultats des йlections communales de 2006) йtaient incorporйes pro partim dans la rйgion flamande, l'accord politique qui a conduit au fйdйralisme actuel a accordй aux personnes concernйes le droit de voter aux йlections lйgislatives pour des parlementaires francophones par le biais du maintien de l'arrondissement йlectoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Le mouvement flamand voudrait aujourd'hui revenir sur les contreparties qu'il a acceptйes а l'annexion а la Flandre de plusieurs communes, majoritairement francophones, de la pйriphйrie bruxelloise.

Le cheminement de la pensйe du mouvement flamand consiste donc bien а prйtendre consolider ses acquis en en reniant les contreparties.

Ce qui est encore plus йtrange, c'est que le mouvement flamand n'accepte pas les consйquences nйgatives pour lui de la scission rйclamйe de l'arrondissement йlectoral. Il est de fait que cette scission, si elle йtait pure et simple, priverait la Flandre de plusieurs dйputйs, la population flamande de Bruxelles йtant insuffisante pour assurer le maintien dans la rйgion d'un nombre d'йlus flamands suffisant. On peut estimer que le systиme ferait perdre environ trois dйputйs а la Flandre au profit des francophones de Bruxelles et de la pйriphйrie. Le mouvement flamand exige donc un systиme truquй d'apparentement lui garantissant а sens unique des йlus non dйmocratiquement justifiйs.

Tout gagner mais ne rien perdre est le slogan prйfйrй de la militance nationaliste du nord du pays.

Il en va bien entendu de mкme de toutes les revendications flamandes en matiиre йconomique et financiиre. Elles ne concernent que ce qui peut rapporter а la Flandre, jamais ce qui peut lui coыter. On entend sйlectionner les pans de la sйcuritй sociale oщ l'on croit pouvoir dйpenser moins en Flandre en les rйgionalisant, mais on veut maintenir le systиme de pensions confйdйral car la population flamande a un rйel problиme de vieillissement accйlйrй. Et tout est а l'avenant. On veut conserver les emplois pillйs dans l'Etat central, mкme confйdйralisй. On entend garder l' impфt des personnes physiques et les cotisations sociales perзues sur les travailleurs flamands travaillant а Bruxelles mais laisser а charge des Bruxellois le poids du chфmage qu'on entretient cyniquement dans la capitale au nom du bilinguisme .

Tout cela est un peu gros mais ne trouble semble-t-il guиre les esprits en Flandre.

Il est peut-кtre temps que les francophones, eux, se rйveillent.


4. Les faiblesses de la Flandre.

La Flandre affiche en permanence un bulletin de santй йclatant. Elle fait penser а ces Prйsidents atteints d'un cancer qui obligent leur mйdecin-traitant а diffuser des compte-rendus optimistes pour tromper l'opinion publique. L'ennui, c'est que bon nombre d'observateurs, y compris francophones, se laissent leurrer par cet optimisme de commande dont le but est surtout de faire croire а une bonne gouvernance flamande qui se dйmarquerait avec bonheur du laxisme congйnital des Wallons et des Bruxellois. Mais la rйalitй est tout autre. Les faiblesses et les handicaps de la Flandre sont nombreux et les indices de ses mauvaises performances prйsentes et а venir abondent.

Au point que l'on peut кtre convaincu que l'indйpendance de la Flandre la conduirait inйluctablement а un appauvrissement collectif, y compris dans les domaines oщ elle s'affiche aujourd'hui, un peu sottement, en tкte de peloton.



- Vieillissement accйlйrй de la population flamande.


Tout le monde sait que la population flamande a vieilli, vieillit et continuera а vieillir plus rapidement que celle des deux autres rйgions. En 2030, selon les estimations de l'Institut National des Statistiques, les plus de 65 ans reprйsenteront 43,7 \% de la population flamande contre 38,5 \% en Wallonie. Dиs а prйsent, les responsables fйdйraux (flamands) lancent des appels а la constitution de rйserves en vue du paiement des pensions dans les dйcennies а venir. Et lа, curieusement, personne ne parle de rйgionalisation. Car si la Flandre se retrouve seule elle devra faire face а un trиs grave problиme social а l'йgard de ses aоnйs. Ce problиme existe dйjа. Car curieusement, la Flandre qui se targue de l'ardeur au travail de sa population, possиde une caractйristique inquiйtante : le taux d'emploi des personnes de plus de cinquante ans y est rйellement trиs faible : selon Rudy Aernoudt, ancien chef de cabinet du ministre de l'йconomie, seule une personne de plus de cinquante ans sur cinq est en activitй.

Couplй а celui qui concerne le refus psycho- idйologique de l'immigration, instrumentalisй par le Vlaams Belang et а une natalitй dйficiente, ce diagnostic fera peser dans les dйcennies а venir une charge insupportable sur les 20-40 ans qui, malgrй toutes les politiques annoncйes de desserrement de l'йtreinte fiscale vont se retrouver pressйs de contributions de toutes sortes qui endigueront, а coup sыr, le prйtendu dynamisme flamand.


La Flandre dispose d'un nombre insuffisant d'emplois.


Dans le manifeste de la Warande, ses auteurs publient les chiffres suivants du chфmage :

Wallonie Flandre Bruxelles
16,5 7,4 19,2

Ces chiffres sont de la poudre aux yeux car ils occultent volontairement la situation de l'emploi disponible dans les diverses rйgions.

La Flandre a un dйficit structurel d'emploi trиs supйrieur а la moyenne europйenne. Il faut savoir que 10 \% de la main d'oeuvre flamande occupe des emplois bruxellois. Le dйficit flamand d'emploi peut кtre йvaluй а 16 \% environ, ce qui reprйsente en fait le chфmage structurel intrinsиque de la Flandre.

Celle-ci, qui occupe 235.000 emplois crййs par le dynamisme йconomique bruxellois, en offre а peine 37.000 aux habitants de Bruxelles avec une population six fois plus importante !

Si l'on se rapporte aux emplois flamands disponibles, le taux de possibilitй d'accиs а un emploi est le plus bas des trois rйgions : moins de 54 \% alors qu'а Bruxelles le nombre d'emplois disponibles est supйrieur а celui de la population en вge de travailler ! Privйe de la ressource fertile de l'emploi bruxellois, la Flandre serait dans une situation tout а fait dйfavorable sinon catastrophique.

Faut-il encore ajouter que les chiffres citйs par le manifeste de la Warande sont faux en ce qui concerne l'emploi bruxellois ? Bruxelles compte une population active de 372.000 travailleurs. Cela signifie que 58 \% de la population en вge de travailler occupe un emploi (et non 55,4 \% comme le soutient la Warande) et que le taux de chфmage calculй selon les critиres retenus pour la Flandre est de 12,8 \% et non de 19,2 \% comme il est йcrit dans le manifeste dont pratiquement toutes les statistiques sont ainsi falsifiйes.

L'emploi bruxellois a augmentй de 67.000 unitйs en 10 ans soit presque exactement 10 \%. La Flandre en a largement profitй, notamment pour compenser certaines faiblesses de pans entiers de son йconomie.


Le produit intйrieur brut de la Flandre est faible.

Les chiffres du manifeste de la Warande concernant les chiffres du produit intйrieur brut des trois rйgions sont significatifs. Il sont donnйs en milliards d'euros :

Wallonie Flandre Bruxelles
63,9 154,4 50,9

Plusieurs remarques s'imposent. La premiиre est que la Flandre avec six fois plus d'habitants que Bruxelles ne produit que trois fois plus de richesses.

La seconde, que le diffйrentiel entre la Flandre et la Wallonie compte tenu du nombre respectif d'habitants n'est pas aussi important que les propagandistes du nord du pays ne l'affirment.

La troisiиme, que si l'on additionne les performances de la Wallonie et de Bruxelles pour les comparer а celles de la Flandre, on obtient :

Wallonie et Flandre
Bruxelles
_____________________________________________________
P.I.B. en milliards d'euros
114,8 154,4
Population
4.360.291 5.995.553
Population belge en \%
42,2 57,8
Taux de production du P.I.B.
57,3 42,7


La conclusion est assez simple. Le P.I.B. de la Flandre est deux fois infйrieur а celui de Bruxelles et il est mкme infйrieur а celui de la Wallonie et de Bruxelles rйunis.

Cela montre la faiblesse intrinsиque de l'йconomie flamande et son йtroite dйpendance а l'йgard de ses voisins.

Bien sыr, les auteurs du manifeste ont corrigй les chiffres en considйrant arbitrairement que les travailleurs flamands de Bruxelles devaient кtre incorporйs dans la richesse flamande. Il s'agit lа d'un trafiquage inacceptable des rйalitйs. Le passage de la notion de P.I.B. (produit intйrieur brut) а celle de P.N.B. (produit national brut) n'autorise absolument pas ce genre de manipulation. Ces richesses (le P.I.B.) sont le produit de l'activitй йconomique des entreprises travaillant а Bruxelles et non des travailleurs flamands qui en bйnйficient. Ecrire le contraire est une falsification. Dont le seul objectif est de tromper les citoyens flamands а propos de leur prйtendue prospйritй et des cadeaux imaginaires qu'ils feraient aux autres rйgions.

Le tableau rйel de la rйpartition du P.I.B. par tкte d'habitant entre les Flamands d'une part, les Wallons et les Bruxellois d'autre part, le montrera.

Wallonie et Bruxelles Flandre
P.I.B. par habitant, en euros
26.330 25.724

On constate donc que le produit intйrieur brut par habitant est infйrieur en Flandre а ce qu'il est dans l'ensemble Wallonie-Bruxelles.

Quant а la richesse produite par Bruxelles par tкte d'habitant elle s'йlиve а 51.310 euros, soit le double de la Flandre.

Il est clair que ce pactole, dы essentiellement au dynamisme et а l'activitй des entreprises йtablies а Bruxelles ne profite que trиs inйgalement а la rйgion oщ les poches de pauvretй, de sous-emploi ou de misиre demeurent trиs importantes. D'abord, Bruxelles reste une ville duale oщ les quartiers prospиres en cфtoient d'autres, infiniment dйmunis. Mais il y a aussi, bien sыr, le pillage systйmatique de la richesse bruxelloise produite par ses habitants par une sorte d'accaparement par la Flandre de 34,8 \% des emplois crййs par les Bruxellois. Cette navette est organisйe, encouragйe par toutes sortes de procйdйs dont le remboursement par l'employeur des frais de dйplacement n'est pas le moindre. Elle l'est aussi par l'imposition lйgale ou larvйe du bilinguisme flamand-franзais dans beaucoup d'entreprises tant publiques que privйes. Bilinguisme de faзade d'ailleurs, car l'йcrasante majoritй des navetteurs flamands sont totalement incapables de manier un franзais correct. C'est la tenue en mains de nombreux leviers de commande par des cadres flamands dans les entreprises tant publiques privйes qui favorise cette mystification qui s'apparente, а certains йgards, а une forme de colonisation .



La mobilitй du travailleur flamand est faible.

Selon une enquкte IPSOS publiйe par Le Soir les samedi 9 et dimanche 10 septembre 2006, les attitudes respectives des travailleurs flamands et francophones ne correspondent pas du tout aux stйrйotypes rйpandus con amore par une partie de la presse du nord du pays.

74 \% des francophones sont prкts а augmenter leur trajet maison-travail de 30 minutes pour conserver leur emploi, contre 62 \% des Flamands.

Si trois/quarts des francophones sont disposйs а accroоtre leurs dйplacements pour obtenir un emploi, seuls un peu plus de 6/10иmes des Flamands manifestent cette souplesse malgrй un territoire plus йtriquй et des transports collectifs plus denses.

La statistique a йtй rйcemment ocnfirmйe lorsque fut envisagй le transfert а Liиge d'une partie de l'activitй de l'aйroport de Zaventem : ce fut une levйe de boucliers parmi les travailleurs flamands.

Indiscutablement, la Flandre souffre en l'espиce d'un handicap sur le plan йconomique que les prochaines йvolutions des entreprises vont aiguiser.

Le travailleur flamand manque de souplesse par rapport а l'horaire de travail !

Encore un clichй qui s'envole.

75 \% des francophones sont prкts а travailler souvent plus tard, contre 62 \% des Flamands.

Le rйsultat du sondage recoupe le constat prйcйdent. L'ardeur au travail et les sacrifices qu'il impose sont supйrieurs chez les francophones que chez les Flamands. Le mythe de la paresse congйnitale des gens du sud ne rйsiste pas а l'analyse objective. Mais il y a lа bien du souci а se faire pour une Flandre indйpendante, confrontйe simultanйment а des travailleurs peu motivйs qui, en mкme temps, sous l'influence du Vlaams Belang, combattent l'envahissement de la main d'oeuvre йtrangиre !

L'йconomie flamande est intrinsиquement fragile.

Tous les йconomistes sont d'accord pour dire que l'йconomie wallonne a souffert de ce que l'essentiel de son potentiel (la sidйrurgie et le charbon) fleurons de l'expansion et de la croissance au 19e siиcle a peu а peu disparu ou perdu de son importance et qu'un outil vieillissant, mal renouvelй ou adaptй par les entreprises a prйcipitй un dйclin inйluctable.

L'йconomie wallonne, axйe longtemps sur un puissant secteur secondaire a montrй plusieurs signes d'effondrement. Nous verrons que, reconvertie avec bonheur dans certains domaines de pointe et se dйployant enfin dans le tertiaire et le quaternaire, la Wallonie dispose dйsormais des outils de son redressement. Paradoxalement, c'est aujourd'hui la Flandre qui a de puissantes raisons de s'inquiйter.

L'exiguпtй de son territoire, la mobilitй accйlйrйe par un rйseau routier et autoroutier densifiй а l'extrкme, le port d'Anvers, le pactole pйtrolier et gazier, ont dopй la Flandre de la seconde moitiй du XXe siиcle. Mais cela aussi a une fin. Le tout а la voiture et au transport routier s'effrite de faзon accйlйrйe. Les prйoccupations йcologiques mettront bientфt en pйril les grandes concentrations industrielles flamandes (comme celle de Gand) qui dйpassent quotidiennement les seuils de pollution dans le silence assourdissant des instituts chargйs de la contrфler. Les rйserves de pйtrole et de gaz s'йpuisent et pourtant la Flandre s'obstine а refuser l'implantation d'йoliennes en pleine mer.

Toutes les riviиres, tous les canaux flamands sont dramatiquement polluйs. Et la Flandre dйpend entiиrement du sud du pays pour son approvisionnement en eau douce. Son йconomie, fondйe sur les illusions du welfare state et du progrиs sans limite de la croissance, sur les bases trиs fragiles de l'йnergie а bon marchй et de l'automobile-reine, a des pieds d'argile.

La Flandre est donc, sans conteste, la plus prochaine victime prйvisible d'une rйcession йconomique majeure car les bases de sa prospйritй, insuffisamment diversifiйes, ne sont pas saines. Plus que d'autres, elle dйpend de ses exportations. Elle sera donc la premiиre victime des dйlocalisations et du dйveloppement industriel et commercial de l'Asie.

Son port principal est sous-йquipй. Son aйroport (Zaventem) obsolиte. La Flandre indйpendante est mal partie.



5. Qu'en est-il des transferts de la Flandre vers la Wallonie et Bruxelles ?

Dans Le Soir du 30 novembre 2005 le tableau des transferts Flandre / Communautй franзaise tirй du manifeste de la Warande йtait prйsentй de la maniиre suivante :

Total des transferts de la communautй flamande vers la communautй franзaise en 1990 et en 2003

En milliards d 1990 2003
Total Vers la Wallonie Vers Bruxelles Total Vers la Wallonie Vers Bruxelles
Sйcuritй sociale 2,2 1,1 1,1 3,7 2,1 1,6
Budget fйdйral 0,6 0,5 0,1 1,5 1,9 0,4
Financement Communautйs, et Rйgions 1,0 1,0 0,0 1,3 1,3 0,0
Dette de lEtat - - - 3,9 2,8 1,1
Total 3,8 2,6 1,2 10,4 8,1 2,3


Selon ce tableau, la Flandre ferait actuellement а la Wallonie et а Bruxelles un cadeau annuel de 10,4 milliards d'euros.

Mais il vaut vraiment la peine de scruter le manifeste de la Warande. Car а la page 213 on peut constater que la Flandre prйlиverait 14,8 milliards d'euros sur la richesse crййe а Bruxelles pour pouvoir asseoir les chiffres dits corrigйs du produit national brut flamand ! (Le passage astucieux du P.I.B. au P.N.B. relиve en fait de la prestidigitation). Nul ne sait а quoi correspondent ces chiffres qui ne sont justifiйs par aucune rйfйrence sinon celle des mouvements pendulaires, ce qui pourrait laisser entendre que la Flandre s'accapare arbitrairement (selon quels critиres ?) de 30 \% des biens et services produits а Bruxelles а partir de la navette dont elle bйnйficie. Si l'on admet ce calcul, il faut alors constater que l'йconomie de Bruxelles procure annuellement а la Flandre 4,4 milliards de plus que ce que celle-ci rйtrocиde а tous les francophones, Wallons et Bruxellois rйunis.

A suivre le raisonnement des auteurs du manifeste, il faut admettre que l'indйpendance de la Flandre entraоnant la sйparation d'avec Bruxelles lui coыterait trиs cher.

La seule perte en termes d'impфts et de cotisations sociales dйpasserait selon nos estimations de l'ordre de 5 milliards d'euros.

On comprend mieux dиs lors pourquoi, dans les tableaux dressйs aux pages suivantes du manifeste et qui sont consacrйs а l'hypothиse de l'indйpendance flamande, tous les classements prйsentйs omettent systйmatiquement Bruxelles. En effet, si l'on additionnait les performances wallonnes et bruxelloises, la Flandre serait surclassйe dans pratiquement tous les domaines (P.I.B. - revenus du P.I.B. par habitant emploi offert etc...)

A trop vouloir prouver, on finit par ne plus rien prouver du tout et mкme а dйmontrer le contraire de son projet de dйpart.


6. La Flandre tire grand profit de l'Etat fйdйral belge.

Mкme si l'on nйglige le fait que les francophones de la pйriphйrie, incorporйs а la rйgion flamande contre leur volontй sont, malgrй les injustices qui les frappent, parmi les meilleurs contributeurs du budget flamand, on ne peut passer sous silence la vйritable razzia opйrйe par la Flandre, а la faveur du bilinguisme imposй ou rampant, dans l'emploi, tant au niveau fйdйral qu'au niveau bruxellois.

Ce sont des dizaines de milliers d'emplois qui sont ainsi soustraits aux francophones, wallons et bruxellois.
Dans toutes les institutions fйdйrales, Ministиres, Chambre des Reprйsentants, Sйnat, hautes fonctions de l'Etat, la Flandre se taille la part du lion. Il en va de mкme dans toutes les institutions para-fйdйrales et les ex-grands services publics : S.N.C.B, postes, tйlйphonie, aйroport national, port d'Anvers, jardin botanique. Les chiffres exacts sont rarement disponibles ou font l'objet de subtils camouflages. On sait pourtant qu'а la poste et aux chemins de fer on n'engage pas de Bruxellois. On sait qu'au greffe et au parquet du tribunal de Bruxelles, avec 65 \% d'affaires franзaises, il y a plus de 65 \% d'employйs flamands. Et tout est а l'avenant.

La situation est la mкme au niveau rйgional. Les quotas, qui prйvoient dйjа deux fois plus d'agents flamands que les dossiers traitйs en nйerlandais ne le nйcessitent ne sont mкme pas respectйs. Tous les para-rйgionaux sont dans le mкme cas, ce qui reprйsente des milliers d'emplois.

Et dans les communes, mкme si certains йdiles rйsistent, la flamandisation, imposйe par les lйgislations linguistiques, poursuit son chemin.

Tout cela, pour une population flamande qui reprйsente, grosso modo, 10 \% de l'ensemble des habitants de la rйgion.

En Flandre, d'innombrables communes comptent plus de 10 \% de locuteurs francophones qui n'ont aucun droit. La connaissance du nйerlandais y est imposйe, tant dans le secteur public que dans les relations de travail au sein des entreprises. Un francophone (sauf s'il est Franзais comme l'explique M. Yves Leterme !) n'a quasi aucune chance de trouver un emploi. Virtuellement, les francophones bruxellois et les Wallons sont interdits de travail et d'activitй en Flandre. C'est dire que l'indйpendance de celle-ci ne changerait quasi rien pour les travailleurs francophones, ce qui n'est absolument pas le cas dans l'autre sens. Car la suppression de l'Etat fйdйral bilingue et du bilinguisme obligatoire а Bruxelles signifierait pour la Flandre l'obligation de recycler chez elle des dizaines de milliers de travailleurs ce que, nous l'avons dйmontrй, elle est incapable de faire.


7. L'hypothиse du sйparatisme ou du confйdйralisme.

On l'a vu, l'йclatement de la Belgique ou sa rйduction а un modиle confйdйral est, indiscutablement, а l'ordre du jour par la volontй non nйgligeable d'une partie significative de l'intelligentsia flamande.

Les francophones de Wallonie et de Bruxelles doivent donc se prйparer а cette йventualitй.

Les signataires pensent que, dans une semblable hypothиse, la rйgion wallonne et la rйgion bruxelloise do!vent former ensemble une fйdйration solide, distincte de la Flandre, conservant entre les deux rйgions de culture franзaise une homogйnйitй dans tous les domaines autres que les actuelles matiиres rйgionales. Dans ce cas de figure, Bruxelles cessera йvidemment d'кtre la capitale de la Flandre et la fonction publique fйdйrale sera dйmantelйe et francisйe. L'appartenance а l'une ou l'autre des nouvelles entitйs, fйdйration Wallonie-Bruxelles d'une part, Flandre de l'autre, sera dйcidйe par la consultation des habitants des communes limitrophes de l'actuelle frontiиre linguistique.

Enfin, les minoritйs culturelles des communes de l'une et l'autre des entitйs devront bйnйficier de droits nйgociйs sur la base de la rйciprocitй la plus stricte en s'inspirant des conventions internationales qui rйgissent la matiиre.


8.Comment dйlimiter la future fйdйration francophone de Belgique ?

La prййminence du droit des gens sur le droit du sol
Le droit а l'autodйtermination

Dиs l'instant oщ la rйgion flamande met en pйril les droits dйmocratiques, culturels et linguistiques de territoires oщ existe une majoritй ou une importante minoritй relevant d'une autre culture et mйconnaоt la libertй constitutionnelle de l'emploi des langues dans des domaines aussi sensibles que l'immigration ou le logement social, elle manifeste son incapacitй а cohabiter dйmocratiquement dans un Etat de droit et а assumer les obligations que lui imposent le droit des gens, les conventions internationales sur les minoritйs et les droits de l'homme.

Les signataires estiment dиs lors qu'il devient indispensable de consulter les populations concernйes а Fouron et dans la pйriphйrie bruxelloise quant а leur appartenance rйgionale et au rйgime linguistique et culturel qu'elles souhaitent.

Ce droit а l'autodйtermination de populations qui bйnйficient de statuts culturels particuliers (emploi des langues, facilitйs linguistiques, culturelles et scolaires, йlectorales et politiques) est tout а fait conforme aux rиgles du droit international pour la dйtermination des frontiиres dйfinitives.

Toute solution devra donc passer par l'organisation dans les communes limitrophes qui en exprimeront le souhait d'un referendum portant sur leur dйsir d'appartenance soit а la Flandre, soit а la Fйdйration Wallonie-Bruxelles.


9. Un peuple wallon et un peuple bruxellois unis par la langue et la culture.

Il existe bien un peuple wallon dont l'existence tient а un certain nombre de valeurs professйes en commun, presque toutes issues du siиcle des lumiиres et des principes fondateurs de la rйvolution franзaise de 1789. Le respect de l'autre, la primautй du droit des personnes sur celui du sol, la tolйrance, la fraternitй, le goыt de la dйmocratie et de la libertй, mais aussi l'attachement а l'йgalitarisme social, sont autant de caractйristiques de la sociйtй wallonne.

En tant qu'il compte soixante pour cent de wallons d'origine, prиs de 90 \% de francophones, qu'il a une tradition immйmoriale de rйsistance а l'oppression et un amour immodйrй de la libre expression, le peuple bruxellois est un partenaire naturel du peuple wallon. Et comme il est aussi tolйrant et ouvert, il accorde actuellement, sans douleur, а la minoritй flamande de Bruxelles, les droits politiques et culturels les plus importants du monde entier.

Les signataires pensent qu'а travers tout, que ce soit au sein du fйdйralisme actuel ou dans n'importe quelle autre structure que l'avenir nous imposerait, Wallons et Bruxellois ont un destin commun.

Dans cet esprit, Bruxelles doit s'assumer comme rйgion francophone sans complexe ni pusillanimitй.

La langue franзaise doit y occuper toute sa place, la premiиre.

Pour le reste, prйcisйment parce qu'elle est de culture franзaise et qu'elle relиve donc de la conception universaliste de celle-ci, Bruxelles a une vocation multiculturelle, bien au-delа d'un bilinguisme rйducteur.

Les signataires estiment donc qu'il est impensable que Bruxelles devienne une ville bilingue autonome, mкme europйenne, sйparйe de la Wallonie. Elle doit afficher clairement ses couleurs et, а ce titre, offrir а l'Europe entiиre son multiculturalisme.


10. La Wallonie sans Bruxelles.

Certains prфnent une rйpublique autonome de Wallonie, voire un rattachement de cette derniиre, seule, а la France. Si cette solution-lа, pour autant que la France y adhиre, ce qui n'est nullement йvident, permettrait indiscutablement un redйploiement йconomique de la Wallonie au sein d'un ensemble puissant et diversifiй, par contre l'isolement de la Wallonie et son dйcouplage de Bruxelles marquerait une difficultй majeure tant sur le plan culturel que sur celui de l'йconomie. Isolйs de ceux de Bruxelles, les indicateurs йconomiques wallons ne sont pas trиs favorables. Certes, la Wallonie a amorcй un vйritable redressement, elle a progressivement gommй les sйquelles de sa dйsindustrialisation et elle possиde des secteurs dynamiques et prometteurs.
Le pфle de compйtence dans le domaine de la biotechnologie, proche de Liиge, reprйsente aujourd'hui prиs de la moitiй du chiffre d'affaires du secteur bio-technologique en Belgique, prйcise Rudy Aernoudt. La technologie aйronautique, prиs de Charleroi, avec des entreprises comme la Sabca et la Sonaca, bйnйficie d'une renommйe mondiale. La Wallonie est йgalement un acteur important dans le domaine de la fabrication d'armes avec la FN, а la pointe de la technologie.

Toujours dans le registre positif, il souligne le dйveloppement йconomique sur le concept porteur du regroupement d'entreprises d'un mкme secteur : A cet йgard, la Wallonie devance la Flandre avec des clusters dans le domaine de l'aйronautique, la logistique, l'automobile, le bois, etc.

Affirmer, dиs lors, que la Wallonie est dйpourvue d'atouts йconomiques serait mentir. Mais il reste йvident que l'addition des forces wallonnes et bruxelloises serait trиs porteuse et mettrait mкme la Flandre en difficultй.

D'autre part, l'osmose culturelle entre la Wallonie et une rйgion comme Bruxelles dont plus de 55 \% des habitants sont Wallons de souche est tellement enrichissante, naturelle et facteur de progrиs pour la science et la technologie, vitales au XXIe siиcle, que sa rupture serait rйellement catastrophique.

Et l'hypothиse d'un accord bancal Wallonie-Flandre, sur le dos de Bruxelles, garantissant au sud du pays un assistanat chichement comptй et toujours rйvocable ferait en rйalitй de la Wallonie une sorte de pays en voie de dйveloppement attendant l'aumфne coopйrative de son puissant voisin. Or, contrairement а ce qu'on affirme, le peuple wallon n'a pas une mentalitй d'assistй et ses responsables йconomiques, politiques, syndicaux ne sont pas des rois fainйants .


11. Bruxelles sans la Wallonie.


Bien sыr, Bruxelles est capitale europйenne, son P.I.B. est йclatant. Elle possиde d'йnormes gisements d'emplois, de grandes possibilitйs d'investissements dans de nombreux domaines, sa population et sa main d'oeuvre sont jeunes, bien sыr.

Mais Bruxelles n'est pas une оle. Elle dйpend de son environnement international et son rayonnement doit beaucoup а la langue et а la culture franзaises de portйe mondiale. Elle est adossйe а une Wallonie, son alliйe naturelle, dont on peut dire que le dynamisme de sa classe ouvriиre et de ses capitaines d'industrie a forgй la Belgique йconomiques, politique et sociale.

Sans la Wallonie, Bruxelles serait politiquement et linguistiquement orpheline. Livrйe а elle-mкme, sorte de vitrine de la Flandre, bilinguisйe а outrance, elle pourrait tout perdre, y compris son statut de capitale europйenne que la France n'a tolйrй de lui concйder que parce qu'elle relиve de la Francitй universelle.

Bruxelles, soudйe а la Wallonie, est et restera au contraire, le symbole universel d'une multiculturalitй puisant sa source dans les Lumiиres.

D'aucuns rкvent de vendre, mкme trиs cher, cette citй а la Flandre. C'est oublier sa fiertй fonciиre et son attachement а des valeurs qui ne doivent pas tout а l'argent.

Les signataires n'accepteront jamais le troc indigne du droit des gens en йchange d'une servitude mкme dorйe.


12. Le piиge du confйdйralisme.


Dans l'offensive flamande, le schйma qui recueille les prйfйrences est celui oщ se crйent une Wallonie et une Flandre autonome, Bruxelles, rattachйe en fait а cette derniиre disposant d'une sorte de statut de protectorat, provisoire ou rйvocable, le tout reliй de faзon trиs lвche au sein d'une sorte d'Etat confйdйral, vidй de quasi toute substance.

Dans cette optique, un moratoire rйduit peu а peu tout transfert de solidaritй vers la Wallonie (qui reзoit quelques promesses immйdiates destinйes а l'amadouer) et la Flandre, dйbarrassйe de la pseudo-charge des transferts financiers, continue а occuper au nom du bilinguisme, dans l'Etat confйdйral et а Bruxelles, tous les emplois publics et privйs qu'elle a pris l'habitude de squatter.

C'est ce qui s'appelle, en lange un peu relвchй, demander et prendre le beurre et l'argent du beurre .

Autant dire, pour faire court, que la solution confйdйrale est, pour les francophones la pire de toutes. Celle qu'il faut refuser а tout prix, de mкme que toutes les petites solutions larvйes, en demi-teinte, qui y conduisent, telles que la scission de B.H.V., sans contrepartie territoriale et de droit d'inscription йlectoral, la rйgionalisation d'une partie de la sйcuritй sociale, de l'impфt, etc... Car, bien sыr, dans ce cas de figure, la Flandre continue а bйnйficier а plein des impфts et cotisations de ses navetteurs, au dйtriment des francophones, et а rйgenter et occuper l'Etat-croupion ainsi constituй, en monopolisant les emplois.


13. Quid pour 2007 ?


On a bien compris que la Flandre exercera, dиs aprиs les йlections lйgislatives, une йnorme pression pour atteindre ses objectifs.

Que peuvent les francophones ?

D'abord, rester unis et intransigeants quant а leurs intйrкts fondamentaux. Ensuite, faire clairement comprendre que les menaces flamandes de blocage des institutions tendant а conduire au sйparatisme ne leur font pas peur. Et qu'il ne sont pas prкts, pour l'йviter, а adhйrer а un confйdйralisme-piиge.

Alors, quoi ?

La premiиre hypothиse est celle du statu quo amйnagй, les revendications flamandes sur B.H.V. trouvant leur contrepartie dans un rattachement des communes pйriphйriques dont les habitants le souhaitent а la rйgion bruxelloise et la scission se faisant sans apparentement possible pour les listes flamandes avec, en contrepartie, le droit pour les habitants francophones de l'arrondissement йlectoral de voter а Bruxelles et pour les habitants flamands de Bruxelles de voter а Hal-Vilvorde.

Une solution symйtrique devrait кtre trouvйe pour l'arrondissement judiciaire oщ le bilinguisme disparaоtrait а Bruxelles, les cadres respectifs йtant calquйs sur les quotas d'affaires traitйes.

Pour le reste, aucune nouvelle matiиre ne serait communautarisйe ou rйgionalisйe.

La seconde hypothиse aboutit а la crйation de deux Etats : la Flandre d'une part, la fйdйration francophone de Belgique, regroupant la Wallonie et Bruxelles, d'autre part. Ce cas de figure a de nombreuses consйquences.
la Flandre et la Fйdйration Wallonie-Bruxelles forment des entitйs sйparйes sur tous les plans. Ainsi la rйgion flamande et la communautй flamande perdent toute compйtence, а quelque titre que ce soit, politique, linguistique, culturel etc... sur la rйgion de Bruxelles.
La Wallonie et Bruxelles forment une entitй autonome de type fйdйral, caractйrisйe par une unitй territoriale et linguistique (une population sur un territoire) qui lui assure du point de vue du droit international universellement reconnu le statut de nation et d'Etat.
La fйdйration comprend deux rйgions, la Wallonie (y compris la communautй germanophone jouissant d'un statut spйcial) et Bruxelles continuant chacune а assumer de faзon autonome les compйtences rйgionales actuelles.
L'ensemble de la fйdйration (а l'exception de la communautй germanophone) est de statut linguistique unilingue franзais.
Les lois linguistiques organisant la rйgion bilingue de Bruxelles-capitale deviennent obsolиtes.
La fйdйration assume simultanйment а travers son Parlement et son gouvernement l'ensemble des compйtences de la communautй franзaise d'une part et de l'Etat fйdйral actuel, d'autre part (sйcuritй sociale, monnaie, finances, affaires йtrangиres, dйfense nationale, organisation judiciaire, police fйdйrale, etc...)
L'impфt des personnes physiques et les cotisations sociales sont perзus au profit de la fйdйration en fonction du lieu de travail.
Les droits linguistiques et culturels des minoritйs sont octroyйs а celles-ci sur la base de la rйciprocitй. Ainsi les droits des Flamands de Bruxelles ou des communes а statut spйcial seront identiques а ceux octroyйs par la Flandre aux minoritйs francophones.

Dans l'hypothиse envisagйe, il faudra vйrifier si la fйdйration, nйe d'une sйcession flamande, a intйrкt а rester la Fйdйration francophone de Belgique perpйtuant la Belgique sur le plan national et international. Il existe des avantages (au regard du droit international et du statut europйen) et sans doute des inconvйnients (quant а la reprise de la dette, par exemple.

On ajoutera que, certainement, la future fйdйration axera sa politique dans le sens d'un desserrement des liens йconomiques avec la Flandre et un resserrement de ceux-ci avec ses voisins franзais et allemands, les liens pouvant йgalement se concrйtiser dans des accords de partenariat trиs йtroits dans les domaines des relations extйrieures et de la dйfense nationale.

Le redйploiement de la partie sud du pays vers des horizons plus larges lui ouvre en rйalitй des perspectives prometteuses sur les plans culturel et йconomique. Les universitйs francophones sont en pointe dans les classements mondiaux ce qui ouvre aux futures gйnйrations des espйrances rйelles. Le pessimisme distillй par certains est sans fondement.

La troisiиme hypothиse est celle qui, reprenant tout le schйma prйcйdent, crйerait seulement une sorte de coupole belge, symbolique et sans pouvoir, co-gйrйe paritairement par les flamands et les francophones dont l'unique rфle serait d'identifier les deux Etats comme une sorte de commonwealth rйduit а un rфle de figuration internationale. Hypothиse un peu farfelue et mкme surrйaliste, mais on sait que le surrйalisme belge est mondialement apprйciй.

Tous les autres cas de figure, comme une Wallonie indйpendante et livrйe а elle-mкme sans lien avec Bruxelles (ou rattachйe а la France sans йgalement Bruxelles) flanquйe d'une rйgion bruxelloise internationalisйe (sous forme de condominium ou de Washington D.C.) ou encore pire, d'une Flandre arrimant Bruxelles au prix de quelques vagues promesses, sont tout simplement inenvisageables. Il faut que cela soit clairement compris par tous.


C O N C L U S I O N


La Flandre entend mettre en cause le compromis fйdйral belge.

Il faut qu'on lui notifie clairement que le prix а payer pour ce fantasme sera trиs lourd car il repose sur des prйmisses fausses et un raisonnement biaisй.

Il faut aussi que tous les francophones fassent savoir clairement а la Flandre que ses vellйitйs de sйparatisme, mкme larvй, sa tentative de gruger les Wallons et les Bruxellois а travers un confйdйralisme qui masquerait ses objectifs, se heurteront а un refus net et catйgorique, car en rйalitй, si la Flandre veut dйtruire la Belgique, elle le fera seule et les autres rйgions s'uniront pour lui tourner le dos. L'union de la Wallonie et de Bruxelles constitue leur force. Le passй l'a montrй, l'avenir le prouvera une fois de plus.
Novembre 2006.

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